22 janvier

La réforme Peillon des rythmes scolaires cumule tous les inconvénients des différents systèmes.

Pour défendre sa réforme des rythmes scolaires, Vincent Peillon et les soutiens du gouvernement mettent en avant un argument : l’intérêt de l’enfant. C’est l’arme fatale, l’argument définitif : qui pourrait s’y opposer?

Et pourtant, à y regarder de près, tout n’est pas si simple. Oui, assurément, les journées des écoliers Français sont trop longues et surtout trop denses. Ceci est largement confirmé par tous les spécialistes, et souvent par l’expérience des parents et des professeurs.

Mais la réforme de Peillon va-t-elle arranger les choses ? Pas si sûr. En lisant à travers les lignes d’un projet de décret bien flou, on comprend que les journées resteront aussi longues. Dans la plupart des communes, elles finiront toujours à 16h30. La grande nouveauté, c’est qu’elles verront vraisemblablement la dernière heure consacrée à des animations culturelles et sportives, dans des conditions encore confuses. Et que les heures d’enseignement correspondantes seront reportées au mercredi matin, ou au samedi matin si l’académie finit par l’accepter.

Résumons nous :
- des journées toujours aussi longues pour les enfants, et une demi journée en plus. On prétendait alléger la semaine, on l’alourdit, au lieu d’explorer la piste d’un raccourcissement des grandes vacances. Nous avons les grandes vacances parmi les plus longues. Mais au fait, pourquoi n’en parle-t-on plus ?
- un enseignement souvent remplacé pour la dernière heure du jour par des animations aux contours mal définis, qui laisseront probablement place à une grande diversité, pour ne pas dire une grande inégalité, en fonction des moyens des communes.
- des communes, justement, dont les services vont se trouver désorganisés, et les budgets alourdis, de 10 a 20% selon les évaluations. Pas une paille, surtout en période de crise. Les 250 millions d’euros annoncés par le gouvernement, selon des critères encore incertains, ne couvrent de toutes façons qu’une part mineure du coût, et seulement pour une période transitoire.

Au final les enfants risquent d’être aussi fatigués, cela va coûter plus cher, et les inégalités entre les établissements pourraient se creuser. La réforme Peillon, mal préparée, imposée dans la précipitation et mise en œuvre à marche forcée, cumule les inconvénients des différents systèmes.