29 décembre

Censure de la taxe à 75% par le Conseil Constitutionnel : une preuve de plus de l’incompétence, du cynisme et de l’amateurisme du Président et de son gouvernement.

Le Conseil Constitutionnel a censuré ce matin une des mesures phares du budget 2013, et surtout LA mesure fétiche du candidat Hollande lors de la Présidentielle, la taxe à 75% sur les très gros revenus.

Selon un membre de l’entourage de François Hollande, celui-ci ne serait pas surpris puisque « c’était l’une des hypothèses possibles » (source : lepoint.fr). En effet ! Et même un peu plus : en dégainant cette mesure qui n’était pas dans son programme, sans prévenir ses plus proches collaborateurs, dans l’improvisation la plus totale, en février 2012, François Hollande posait en fait un acte de propagande. Il trompait sciemment une partie des Français, en mettant en avant une proposition qui n’était qu’un slogan.

Nous avons dit alors combien cette disposition était injuste, inefficace, dangereuse et de surcroit inconstitutionnelle. Ce que le Conseil Constitutionnel vient de confirmer était largement sûr à l’époque.

Je dénonce aujourd’hui le cynisme de François Hollande, qui pense qu’on peut mener les Français comme le taureau dans l’arène, à coup de chiffons rouges. Non, il n’est pas surpris, et il ne peut pas l’être. Comme nous ne l’étions pas quand il a finalement fait voter le Traité Européen, après avoir dit durant toute la campagne qu’il le renégocierait. Ou quand il a renoncé à se battre contre Mittal à Florange, après avoir dit lors de la Présidentielle que lui élu, toutes ces difficultés seraient abolies.

Il manque désormais dans le budget 2013, de l’aveu même du gouvernement, de 300 à 500 millions d’euros. Alors il reste une question. Où les trouvera-t-on ? Après avoir empilé les petits mensonges pendant la campagne présidentielle, et les taxes pendant ses six premiers mois de mandats, François Hollande prendra-t-il cette fois le chemin du moindre mal : la réduction des dépenses ? Monsieur le Président, il n’est pas trop tard pour bien faire : renoncez à l’invention quotidienne d’une nouvelle taxe et attelez vous enfin à la réduction des déficits. Vous avez été élu sous le signe du mensonge, trouvez votre rédemption dans la responsabilité !

Nathalie Kosciusko-Morizet